Le loup mexicain (Canis lupis baileyi) figure parmi les espèces les plus en danger puisque actuellement en milieu naturel seuls 50 individus environ subsistent.
Leur habitat s'étend du Mexique à l'Arizona, Nouveau-Mexique, Nord de l'Utah, Colorado, Est du Texas, Oklahoma et Kansas, même si parfois un chevauchement avec des sous-espèces de loups gris est possible. Leur territorialité peut varier de quelques km2 à des centaines de km2. Peu de données cependant sont disponibles quant à leur écologie alimentaire puisque l'espèce n'a pu être sérieusement étudiée avant son extermination par le Mexique et les Etats-Unis. Néanmoins, les archives précisent que leurs proies sont essentiellement composées de Cerfs et d'Elans.
Pour remédier à une situation alarmante, l'USFWS (United States Fish and Wildlife Service) a planifié dès 1998 un Plan de restauration, en relâchant d'abord 11 individus issus de programmes de reproduction en captivité en Arizona et au Nouveau-Mexique. En 2000, 100 autres individus ont été réintroduits, selon des prévisions que 6 ans plus tard, la population atteindrait 102 individus et inclurait 18 couples reproducteurs.
Si jusqu'en 2009, les recensements effectués comptabilisaient 31 nouveaux-nés et qu'aucun Loup n'ai été déplacé suite à des conflits avec les éleveurs, un an plus tard, la démographique de la population décroissait fortement pour atteindre 52 individus, en partie par destruction illégale de 30 individus.
La prédation sur du bétail quoique non systématique serait une des raisons de ces actes d'abattage mais n'expliquerait qu'en partie la baisse de la population de plus de 50%. Aucune donnée n'a été fournie quant à un éventuel suivi par télémétrie des individus relâchés, ni sur un quelconque problème viral.
Une des critiques donnée par les activistes de « Defenders of Wildlife » serait une politique trop rigide consistant à tuer ou déplacer tout animal ayant tué trois animaux d'élevage dans l'année ; ceci aurait en effet eu pour conséquence une dispersion des meutes avec une plus faible chance de survie pour les individus isolés.
D'autres causes sont invoquées comme une mauvaise gestion par AMOC (Comité de contrôle et de gestion du Loup réintroduit) que l'USFWS semblerait plus enclin écouter, répondant aux intérêts des groupes anti-loups de la région.
Il est alors question de repenser le plan de gestion de l'espèce et envisageant des lieux de « recolonisation » comme le Grand Canyon, les Rocheuses du Sud et le Mexique.
L'avenir de l'espèce semble d'autant plus compromis qu'en captivité, les loups perdent de leur vitalité et qu'un programme de reproduction mieux adapté et spécifique doit être étudié pour protéger au mieux le capital génétique de l'espèce.
L'IUCN dans son guide pour les projets de réintroduction d'espèces sauvages préconise le respect d'une part de protocole scientifique avec notamment un bilan médical approfondi d'individus relâchés, un suivi comportemental et biologique par monitoring et surtout une politique d'éducation des populations locales destinée à mieux sensibiliser le public sur la nécessité de conserver les espèces en milieu naturel.
La conjugaison de ces facteurs sans être garante d'un taux de réussite à 100% maximise au mieux les chances d'aboutissement de projets de Conservation et fournit d'importantes informations sur l'éco-ethologie de l'espèce et son adaptabilité.
Sources : http://www.defenders.org/programs _and_ policy/wildlife_conservation
: IUCN (1998) IUCN guidelines for reintroductions IUCN/SSC Re-introduction Specialist Group,Gland and Cambridge
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